Les femmes sont plus infidèles que les hommes ... quand elles sont jeunes

Philippe Gouillou - 15 janvier 2018 - http://www.evopsy.com/breves/age-infidelite.html
Tags : SexComp, Infidélité
A l'opposé de tous les autres âges, les femmes de 18-29 ans avouent plus d'infidélités que les hommes du même âge. Cette inversion peut être expliquée par une plus grande honnêteté des réponses, la différence sexuelle de valeur sur le marché du mariage à ces âges, et par la forte différence sexuelle des coûts de l'infidélité.
 

Une étude de l'Institute for Family Studies à partir des données de la General Social Survey (GSS) sur l'infidélité des Américains adultes mariés ou divorcés montre une particularité : chez les plus jeunes (18-29), les femmes s'avouent plus infidèles que les hommes.

L'infidélité y est définie comme "ayant eu au moins une relation extra-maritale". Cela signifie qu'une partie de la croissance de la courbe s'explique simplement par le temps : une personne de 50 ans a eu beaucoup plus d'opportunités d'infidélité qu'une personne de 20 ans tout juste mariée. Mais la baisse (très forte chez les femmes) à partir de 70-79 ans montre que d'autres facteurs sont influents.

Trois hypothèses peuvent être envisagées.

Hypothèse 1 Les jeunes femmes mentent moins

"Les femmes mentent, mentent, mentent" se lamentait Guillaume Apollinaire.
L'infidélité féminine étant maintenant mieux acceptée, on peut imaginer que les femmes la cachent moins. La différence signalée ne viendrait alors pas d'une différence de comportement mais d'une différence de fiabilité des réponses.

Hypothèse 2 : Les hommes démarrent plus tard

Le fait que les femmes, dès très jeunes, préfèrent des hommes plus âgés ne facilitent pas la vie sexuelle des jeunes hommes, qui doivent attendre que leur valeur sur le marché augmente (en même temps que baisse la valeur des femmes sur ce même marché).

Pour aller plus loin il faudrait étudier la différence sexuelle de pourcentage de personnes mariées à ces âges.

Hypothèse 3 : La culture a changé

Dans un article de juillet 2017, l'Institute for Family Studies avait déjà trouvé que la première génération ayant connu la liberté sexuelle en avait plus profité que les générations suivantes :

Cette évolution se retrouve au niveau de la morale. En 2012, la National Opinion Research Center de l'Université de Chicago avait trouvé que depuis 1973 de plus en plus des interrogés considèrent les relations sexuelles extra-maritales comme "toujours mauvaises" (de 75% à 82% des femmes) :

Mais cette évolution culturelle peut expliquer une baisse du taux général d'infidélité, pas l'inversion de la différence sexuelle.

Aussi l'explication est peut-être à rechercher du côté de la baisse du coût de l'infidélité pour les femmes et de la hausse du coût des relations sexuelles pour les hommes :

  1. Baisse du coût pour les femmes :

    La culture moderne se caractérise par la perte d'importance de la virginité des femmes lors du mariage. Il est maintenant parfaitement accepté (en Occident, pas dans tous les autres pays) que la femme ait une vie sexuelle indépendante et épanouie. Même si l'effet est moins net, l'infidélité féminine est aussi mieux acceptée (au minimum moins condamnée).

    A cette baisse du coût social, s'ajoute une baisse du coût financier. L'accroissement constant du pouvoir de l'Etat, qui remplace de plus en plus l'homme dans ses rôles traditionnels (sécurité et apport de ressources)1, fait que la femme n'a plus besoin d'un homme pour réussir sa vie (même si elle veut des enfants). De plus les statistiques montrent qu'un divorce sera rarement en sa défaveur sur le plan financier.

    La femme risque donc beaucoup moins à être infidèle qu'avant, tant en termes de réputation qu'en termes financiers, et les jeunes femmes le savent bien.

  2. Hausse du coût pour les hommes :

    De plus en plus, l'homme ne risque pas seulement de tout perdre lors d'un divorce, mais toute tentative de relation sexuelle peut le détruire au niveau judiciaire comme au niveau réputationnel, avec des conséquences concrètes désastreuses (même des années après comme le montrent bien les campagnes actuelles de harcèlement sur Twitter).

    Dans ces conditions, les jeunes hommes ont de plus en plus tendance à se retenir : c'est ce que Milo Yannopoulos a appelé "Sexodus", (voir : "Des femmes, des putes et des sexbots" sur Evoweb).

Synthèse

Cette surprenante inversion avant trente ans est certainement multi-factorielle, même si l'évolution culturelle apparaît être importante : il faudra voir l'évolution de la courbe dans dix ans.

On peut cependant conclure en remarquant que le taux d'infidélité avouée est particulièrement faible : au maximum moins d'une femme sur six, et à peine plus d'un homme sur quatre...

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Notes


  1. On le remarque aussi par l'importance croissante accordée à la beauté des hommes par les femmes.