Madones, putains, hijab

Philippe Gouillou - 31 Decembre 2003 - http://www.evopsy.com/concepts/madones-putains-hijab.html
Tags : Religion, SexComp, Women
La mode du Hijab (voile islamique) expliquée par la Compétition Sexuelle...
 

Dans l'analyse du phénomène du hijab ("voile islamique"), personne ne prend en compte les apports de l'approche évolutionniste, et notamment l'importance de la compétition sexuelle entre les femmes cristallisée sur la dichotomie madone/putain. A croire les articles, le hijab serait imposé par les hommes à des femmes totalement soumises et sans aucun pouvoir. Pourtant, ce sont des femmes qui le portent, ce sont des femmes qui avaient manifesté en Iran pré-1978 pour le porter, ce sont des femmes qui manifestent maintenant en France comme aux US pour le porter, ce sont des femmes qui ont lancé le phénomène en France. les femmes seraient tellement manipulées ? Voici une petite histoire pour illustrer une autre approche plus crédible.

J’ai enfin trouvé comment faire fortune et rembourser tous mes créanciers : je vais lancer un nouveau T-Shirt, à destination des femmes. Nul doute qu’il aura du succès. Il aura comme message, devant et derrière : "Je suis une madone, toutes celles qui ne portent pas ce T-shirt sont des putains". Les femmes ne veulent pas passer pour des putains, les hommes n’épousent pas les putains, les hommes n’apportent pas toutes leurs ressources aux putains, alors les femmes achèteront le T-shirt, pour bien montrer aux hommes qu’elles sont dignes de dépenser leurs ressources. Presque toutes les femmes achèteront, je vais enfin faire fortune !

Bien sûr, certaines ne voudront pas de mon T-shirt : les femmes les plus belles diront qu’elles s’en foutent de passer pour des putains, qu’elles n’ont pas besoin de courir après les hommes, que ce sont ces derniers qui les désirent, et qu’ils aiment les putains. Mais ce n’est pas grave : il y a énormément plus de femmes banales que de femmes sublimes, ce ne sont pas ces dernières que je cible. Et puis les premières sauront vite les mettre au pas, c’est la loi du nombre : la démocratie.

En fait, mon principal problème, c’est la longueur du message : 80 caractères espaces compris, c’est très dur à caser sur un T-shirt, il faut trouver beaucoup plus court. "Moi Madone, toi putain" serait pas mal, mais fait trop penser à Tarzan et Jane, et surtout ne signifie pas assez qu’il est ab-so-lu-ment nécessaire de porter le T-shirt pour ne pas être une putain.

Le but, c’est bien sûr que ce soient les femmes qui imposent d’elles-mêmes l’achat aux autres femmes. Ce ne devrait pas être bien difficile : partout, dans l’histoire et dans le monde, ce sont les femmes qui ont défendu et imposé les plus criminelles des règles dites machistes. C’est tout simple : il faut et il suffit que la règle distingue les madones des putains, et les femmes feront tout pour l’imposer d’elles-mêmes. C’est exactement ce que propose mon T-shirt : elles se sentiront comprises.

J’ai un autre problème aussi : la météo. Un T-shirt, c’est bien l’été, ou dans les pays chauds, quand il ne pleut pas : sinon il est caché. Même si je parviens à trouver un message court, percutant, qui parle aux femmes, il ne servira à rien s’il est caché par une veste ou un blouson ! Non, ce n’est pas qu’un problème théorique, c’est un vrai problème qui s’est déjà posé à de multiples reprises. Par exemple, les femmes musulmanes ont le sexe rasé, ça leur évite de se faire violer lors des razzias. Et bien ce n’est pas du tout pratique pour les hommes : que le sexe soit rasé ou non ne se voit pas si la femme est habillée, alors les hommes sont obligés de relever les jupes de toutes les femmes qu’ils croisent pour savoir s’ils ont le droit ou non de les violer ; ils y perdent un temps fou ! Mon T-shirt doit résoudre ce problème : les hommes doivent savoir au premier regard quelles femmes sont légales pour les tournantes, et lesquelles ne le sont pas, et les autres femmes doivent pouvoir les leur désigner tout de suite. Si le T-shirt est caché, ça ne marchera pas du tout.

J’abandonne mon idée du T-shirt, pas assez visible. Il faut que je réfléchisse encore. Il me faut quelque chose qui se voit en toutes circonstances, sans besoin que la femme soit nue ni qu’il fasse beau, quelque chose qui corresponde à toute les températures, à toutes les météos. Il me faut quelque chose qui se porte par dessus tout le reste, quelque chose qui se voit de loin et qui désigne au premier regard et sans appel toutes celles qui ne le portent pas.

Ma réflexion me désespère : j’ai trouvé, ça existe déjà, les femmes l’ont déjà imposé, je ne vais pas y gagner un centime.

*Photo : A look of Innocence by Resmi 17 – License CC By