Publié dans Science du 7 mars, un article du Dr Scott ATRAN (Univ. Michigan) pour l’Institut Jean Nicod [1] constatate que ceux qui perpétuent des attentats-suicides ne sont pas plus pauvres ni moins éduqués que leur entourage, et qu’en conséquence une politique basée sur l’éducation ne parviendrait pas à les éradiquer. Il remarque également que ces personnes ne sont pas des cas psychiatrique, et considère donc qu’ils sont juste manipulés.
Même si l’auteur est en fait Américain, le fait qu’un article de sciences humaines signé d’un institut français paraisse dans Sciences est suffisamment rare pour qu’on le signale. Le site de l’Institut Jean Nicod comprend 20 articles classés en Psychologie Evolutionniste (la plupart de Atran) [2]. On y constate une très forte opposition contre la sociobiologie, beaucoup plus forte que mon approche [3]. On y remarque aussi que l’Institut Nicod considère ses études transversales sur la psychologie cognitive comme très liées à la philosophie :
"Quoique la philosophie soit la discipline dominante, les travaux des chercheurs de ce groupe ne sont pas purement conceptuels, mais ils ont une dimension empirique, qui va au-delà de la contribution des autres disciplines représentées dans l’équipe (anthropologie, linguistique, science politique)." [4]
Pour rappel, on considère généralement que la psychologie a quitté le domaine de la philosophie en... 1872 [5]. Cette exception culturelle explique peut-être la remarque précédente sur le succès des recherches françaises au niveau international.
Référence :
ATRAN, Scott (2003) : Genesis of Suicide Terrorism. Science, Volume 299, Issue 5612, dated March 7 2003, p. 1534