Deeck et al. [1] annoncent dans une lettre à Nature du 14 novembre que les phoques veaux marins [2] ont une capacité d’apprentissage des cris des prédateurs qu’ils craindront. En d’autres termes, ils ne naissent pas avec des peurs totalement précablées, mais qui s’adapteront aux circonstances environnementales. Une telle souplesse offre bien sûr l’avantage de la possibilité d’adaptation aux changements rapides de risques. Dans Homme Femme, Dave Geary [3] détaille ce principe d’adaptation tel qu’il existe chez les humains : pour chaque module (fonctionnel ou physique) du cerveau, l’enfant naît avec un squelette d’instructions précablées, qui se développera en fonction de l’environnement. Par exemple, un enfant naît avec les capacités précablées de reconnaître comme étant du langage tout son, mais à 9 mois il aura déjà fait le tri, et cette souplesse sera finie. Bien sûr, pour d’autres capacités la durée de possibilité d’adaptation est beaucoup plus grande, et certaines ne se figeront qu’à l’adolescence.
- Deecke, Volker B. ; Slater, Peter J.B. ; Ford, John K.B. (2002) : Selective habituation shapes acoustic predator recognition in harbour seals. Nature 420, 171 - 173 (2002) ; doi:10.1038/nature01030
- Phoque veau marin (Phoca vitulina) : voir la carte de répartition sur la page du Ministère de l’écologie et du développement durable Français
- Voir : www.evopsy.org/livres/geary.htm