Le hasard selon Jean Gayon

  

ABSTRACT :

L’article de Jean Gayon dans le Pour la Science de Janvier 97 (Epuisé : réédité en livre) définit très bien les différents sens du hasard. Je vais citer des passages, et en synthétiser d’autres.

1997
http://www.evopsy.com/article37.html

 

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(les citations sont en Italique, et le code ’[...]’ indique la suppression d’un passage).

Trois sens du mot hasard

    La théorie contemporaine de l’évolution est confrontée à trois sens du mot hasard : la chance, l’aléatoire et la contingence (comme ce qui échappe à la nécessité propre d’un système théorique). Ces mots sont souvent pris les uns pour les autres et souvent confondus avec "fortuit". "Fortuit" est l’adjectif correspondant à "hasard" en général (du latin fors, hasard). Je l’utiliserai ici comme un terme générique.

    1° sens : chance ou malchance

        Le sens le plus familier du mot hasard renvoie à la notion de finalité : quelque chose se produit de manière inattendue par rapport à un but, conscient ou non.
      Jean GAYON cite l’exemple du jardinier qui en bêchant trouve une pièce d’or. Le premier sens de hasard est donc : chance ou malchance.

    2° sens : aléatoire

      Un deuxième sens est celui de aléatoire :
        Un événement aléatoire est un événement qui suit une loi de probabilité.
      Par exemple le jeu de dé (il remarque que en arabe az-zahr signifie jeu de dés).

    3° sens : contingence

      Un troisième sens est plus complexe : c’est celui de contingence.
        Des événements (ou des classes d’événements) sont dits fortuits s’ils ne sont pas déductibles à l’intérieur d’une théorie, soit que cette théorie n’existe pas, soit que nous ne connaissions pas assez les conditions initiales pour faire une prédiction, soit enfin que les calculs nécessaires à la prédiction sont trop complexes.
      Pour comprendre il cite le problème de l’accélération g. La valeur g est déductible dans la physique Newtonienne (il suffit de connaître la masse et la forme de la terre), mais ne l’est pas dans la loi Galiléenne de la chute des corps (une autre valeur de g est tout à fait possible).

     

Cinq niveaux d’utilisation

    De ces 3 définitions, Jean Gayon remarque 5 niveaux d’utilisation du hasard en évolutionnisme : 1 : mutations, 2 : dérive génétique, 3 : "révolutions génétiques" (événements fortuits à l’échelle du génome entier), 4 : écosystèmes, 5 : macro-évolution.

    Mutations

        Dans la théorie néo-darwinienne, l’utilité ou la nocivité d’une mutation est indépendante des facteurs qui l’ont causée. En ce sens, et en ce sens seulement, les mutations se produisent "au hasard". [...] On reconnaît la notion de hasard définie précédemment sous le nom de "chance". Il en va du caractère favorable ou défavorable d’une mutation comme de la fortune accidentelle du jardinier : celui-ci n’a pas découvert une pièce d’or parce qu’il l’a cherchée, mais cette découvertes a des effets bénéfiques pour lui. Une mutation ne survient pas parce qu’elle est utile, mais elle peut avoir des conséquences importantes pour l’organisme et sa descendance.

    Dérive génétique

        Le deuxième sens du mot hasard s’applique à la notion de dérive génétique aléatoire.
      Il développe cette idée sur un paragraphe en parlant de l’application des lois probabilistes pour définir la répartition d’un gène à la génération suivante. Il cite aussi la théorie de Motoo Kimura.

    Révolutions génétiques et écosystèmes :

      Ensuite, Jean Gayon remarque que les niveaux Révolutions Génétiques et écosystèmes correspondent à la contingence : tout est déterministe, mais on ne peut pas encore faire de prédiction dans le cadre théorique de l’évolutionnisme.

      Il parle ensuite de la "Théorie de la contingence" de SJ GOULD et remarque qu’elle correspond à 2 niveaux :

      • Le niveau de la contingence tel que définit ici par Gayon
      • Le niveau de la chance/malchance

 

 

 

 

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