Ressources : - La Psychologie Evolutionniste est la branche de la biologie évolutionniste qui s’intéresse aux comportements et aux états internes humains. L’idée de départ est que la psychologie humaine (comportements + états interne) a été autant sujet aux pressions sélectives que la morphologie. L’Evopsy consiste donc en l’application des théories de l’évolution (sélection naturelle et sélection sexuelle) à la psychologie. Son objectif est de découvrir des lois à la fois descriptives, explicatives, et prédictives.
Voir ci-après : Fondements : les 5 principes - La Psychologie Evolutionniste remonte directement à la première édition de l’Origine des Espèces (Darwin - 1859) où l’on trouve :
J’entrevois dans un avenir éloigné des routes ouvertes à des recherches encore plus importantes. La psychologie sera solidement établie sur une nouvelle base, c’est-à-dire sur l’acquisition nécessairement graduelle de toutes les facultés et de toutes les aptitudes mentales, ce qui jettera une vive lumière sur l’origine de l’homme et sur son histoire. La première application de cette prédiction sera faite par Darwin lui-même, avec la parution de De l’Origine de l’Homme en 1871, où il définit la théorie de la sélection sexuelle. - Jusqu’en 1975, peu d’applications perceront, et ce n’est qu’à cette date que le dernier chapitre de Sociobiology, a new synthesis de E.O. Wilson montrera que les outils utilisés pour décrire le comportement des animaux sociaux s’appliquent très bien à l’homme. Le livre provoquera la fureur des Marxistes, et de nombreux chercheurs verront leur carrière brisée.
- A la fin des années 80, John Tooby et Leda Cosmides, de l’Université de Californie à Santa Barbara (USA) renommeront la Sociobiologie en Psychologie Evolutionniste, à la fois pour des raisons de marketing (pour éviter les connotations politiques de la sociobiologie), et pour marquer un désaccord fondamental (voir ci-après : Fondements : les 5 principes)
- L’Evopsy se base sur les travaux des psychologues cognitivistes, des biologistes et des anthropologues. L’objectif est de rassembler tous ces résultats dans des modèles testables, c’est à dire de découvrir les lois fondamentales qui expliquent et permettent de prédire le comportement humain.
- Comme dans toute science empirique, ces lois peuvent être découvertes par deux approches :
- Soit création d’une hypothèse qui sera testée
- Soit observation, puis déduction d’une hypothèse
Ces deux approches sont bien sûr employées en boucles. - John Tooby et Leda Cosmides ont résumé dans un article court (Evolutionary Psychology : A Primer), les principes à la base de la psychologie évolutionniste.
- Il s’agit tout d’abord de l’inscription de la psychologie dans la biologie :
La psychologie est la branche de la biologie qui étudie : - les cerveaux
- comment les cerveaux traitent l’information
- comment les programmes de traitement de l’information génèrent un comportement
- Puis de 5 principes souvent cités :
- Le cerveau est un système physique. Il fonctionne comme un ordinateur. Ses circuits sont concus pour générer des comportements appropriés aux circonstances environnementales.
- Nos circuits neuronnaux ont été conçus par la sélection naturelle pour résoudre les problèmes que nos ancêtres ont connu pendant l’histoire de l’évolution de notre espèce.
- La conscience n’est que le haut de l’isberg ; la plus grande partie de ce qui se passe dans votre esprit vous est caché.
- Des circuits neuronnaux différents sont spécialisés pour résoudre des problèmes adaptatifs différents. (approche modulaire)
- Mismatch (inadaptation) : notre cerveau date de l’âge de pierre, et n’a pas été sélectionné pour le monde dans lequel nous vivons actuellement.
C’est ce cinquième principe qui distingue l’Evopsy de la Sociobiologie : Tooby et Cosmides reprochent aux Sociobiologistes de considérer les humains comme des Maximiseurs de fitness, alors que selon l’Evopsy ils ne sont que des Exécutants de l’évolution (voir ci-après Validité et débats). - Les applications de l’Evopsy sont extrêmement variées et fécondes, du fait de son très large champ de recherches.
- Evopsy et relations humaines : c’est à ce niveau que l’évopsy apporte le plus d’éléments. En permettant de préciser les objectifs de chacun (i.e. ce que sa programmation lui incite à faire) en fonction de l’environnement, l’évopsy permet de mettre en place des solutions pour réduire les frictions et augmenter la coopération. Un exemple particulièrement actuel est de prendre en compte les différents ratios (OSR, Ratio de Mesquida) pour prédire les zones d’apparition des conflits collectifs (guerres et émeutes).
- Evopsy et psychopathologie : si l’évopsy permet parfois de mieux comprendre certaines pathologies psychiatriques, elle n’est pas appliquée directement en thérapie (les plus efficaces restent les méthodes comportementales). Certains chercheurs (Ewald et Cochran notamment) mettent en avant l’hypothèse parasitaire pour certaines maladies, qui devrait permettre de rechercher de nouveaux traitements plus efficaces. De même, l’influence phéromonale est étudiée pour soigner les dépressions.
- Evopsy et marketing : bien évidemment, l’évopsy est facilement applicable en marketing (publicité, etc.) et l’est de plus en plus.
- Fondamentalement, contrairement à ce qu’on lit fréquemment, l’évopsy ne pose pas de problèmes de validité :
- Elle est basée sur les théories Darwiniennes dont la validité a été suffisamment démontrée
- Elle utilise les résultats des approches cognitives, anthropologiques, biologiques, etc. à l’épistémologie solide
- Cependant, de nombreux domaines couverts par l’évopsy sont bien sûr l’objet de débats. Le point essentiel est l’élément précis qui distingue la socibiologie de l’evopsy : l’importance du mismatch. Nous avons vu que, contrairement à la sociobiologie, l’évopsy considère que l’évolution n’a pas eu le temps d’agir ces derniers millénaires, et qu’en conséquence nous sommes programmés pour un monde qui n’existe plus. Il semble en fait que la réalité se situe entre les deux approches : on a par exemple trouvé de nombreuses adaptations régionales qui se sont produites récemment (par exemple l’adaptation à l’altitude au Tibet et en Colombie). Cela signifierait que le mismatch serait bien une caractéristique importante de la psychologie humaine, mais un peu moins importante que ne l’affirme généralement l’évopsy.
Sources et liens complémentaires
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